
KAROS × ENPC × Télécom Paris
Analyse stratégique, économique et comportementale du déploiement et de la modélisation du covoiturage
Une commande de Karos, trois pôles d'expertise, une ambition : objectiver les gains collectifs du covoiturage
Cette étude est commanditée par Karos, opérateur leader du covoiturage domicile-travail à La Réunion, et réalisée par les étudiants du Mastère Spécialisé "Smart Mobility" (MS SMOB) de l'ENPC et de Télécom Paris, sous la direction du Professeur Fabien Leurent. L'ambition paradigmatique est d'évaluer la faisabilité d'une transition opérationnelle majeure : faire glisser le covoiturage, traditionnellement perçu comme une pratique informelle et sporadique, vers un authentique service régulier de transport public, formellement structuré et soutenu par un système rationalisé de partage des coûts subventionné par la collectivité.
L'enjeu est de taille : la part modale du covoiturage est actuellement estimée entre 1,5% et 1,8%. L'objectif cible stratégique et politique vise une fourchette de 10% à 20% pour les trajets interurbains. Un tel saut requiert non seulement une ingénierie technologique de pointe, mais aussi une restructuration profonde des cadres de gouvernance institutionnelle et des mécanismes de financement.
Clémence, Xavier, Zidane, Victor P.
Ancrer le projet dans les réalités spatiales, réglementaires et topographiques de l'île, en tenant compte de l'existant.
Léo, Anthony, Ghislain
Explorer la viabilité financière de l'opérateur privé, l'architecture des subventions publiques, et les stratégies comportementales d'acquisition des usagers.
Aya, Brinda, Chriswell, Jérôme, Namory, Victor S.
Créer des modèles mathématiques et informatiques pour quantifier l'impact direct du covoiturage sur la congestion.
La prépondérance accordée à la simulation (60 min) reflète le poids de la modélisation mathématique comme verrou épistémologique pour convaincre les décideurs publics.
L'analyse repose sur un corpus documentaire riche : rapports de synthèse, enregistrements de réunions de travail stratégiques, données publiques (INSEE, AGORAH, Cerema), rapports institutionnels (AFD, Région Réunion) et données opérationnelles des acteurs du terrain. La méthodologie croise trois regards complémentaires : une analyse territoriale et stratégique, une analyse économique et comportementale, et une modélisation quantitative multi-agents.
889 679 habitants, un corridor côtier qui concentre les flux — et un gisement de sièges vides considérable
La Réunion est une île volcanique de 2 512 km² dont le relief escarpé concentre la quasi-totalité des activités humaines sur une étroite bande littorale. Loin d'être un handicap pour le covoiturage, cette littoralisation est une aubaine : elle canalise naturellement les flux de déplacement sur un corridor côtier unique formé par les routes nationales RN1 (ouest) et RN2 (est). Cette concentration géographique crée des conditions idéales pour massifier les appariements entre conducteurs et passagers sur des itinéraires convergents.

Trafic moyen journalier annuel en véhicules par jour — Source : Direction Départementale des Risques Majeurs, La Réunion, réalisé par la DDE. Le corridor côtier Nord-Ouest (Saint-Denis — Le Port) concentre plus de 60 000 véh/j, confirmant le potentiel de massification du covoiturage sur cet axe.
En 2021, 266 700 Réunionnais se déplaçaient quotidiennement pour leur travail, dont 83% en voiture. Ce mode assure l'essentiel des besoins de mobilité de l'île (en personnes.km) et se rend ainsi très utile. Cependant, avec un taux d'occupation moyen de 1,1 personne par véhicule, l'immense majorité des sièges restent vides.
Ce constat révèle un gisement de capacité de transport considérable : chaque jour, on estime à environ ~13 millions de sièges.km libres sur les seuls trajets domicile-travail (soit ~2,5 sièges.km disponibles par voiture.km). C'est cette capacité dormante que le covoiturage vise à mobiliser.

Le chiffre de "plus de 2 heures" souvent cité dans la presse locale [6] correspond au temps total de trajet aller-retour des navetteurs les plus exposés à la congestion, notamment sur le corridor côtier aux heures de pointe (Saint-Denis — Le Port, Saint-Pierre — Le Tampon). Il ne s'agit pas d'un temps de retard pur dû aux embouteillages, mais d'un temps global incluant la conduite en conditions dégradées. La Réunion n'étant pas couverte par les indices de congestion internationaux (TomTom, INRIX), il n'existe pas de mesure standardisée du temps perdu en congestion. Ce chiffre doit donc être interprété comme un indicateur de la pénibilité ressentie par les usagers les plus impactés, et non comme une moyenne statistique rigoureuse.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Population (2023) | 889 679 habitants |
| Nombre de ménages (2022) | 353 422 |
| Ménages avec 1 voiture | 48,2% |
| Ménages sans voiture | 25,9% |
| Taux de motorisation | 74,1% |
| Navetteurs quotidiens (2021) | 266 700 |
| Distance moy. domicile-travail | 13,6 km |
| Part modale voiture (travail) | 83% |
| Part modale voiture (tous motifs) | > 66% |
| Part modale covoiturage (actuelle) | 1,5% à 1,8% (estimation empirique) |
| Taux d'occupation véhicules | 1,1 personne |
| Parc véhicules légers (2024) | 512 538 |
| Part modale TC (2017) | 7% |
| Voyages TC (2023) | 47,3 millions |
| Personnes.km domicile-travail / jour | ~7,3 millions |
| Sièges.km libres / jour (estimation) | ~13 millions |
Source : EDGT La Réunion 2017 (Cerema) — Tous motifs confondus
83% des trajets domicile-travail se font en voiture — dont la grande majorité en autosolisme
L'écosystème des transports réunionnais se distingue par une architecture organisationnelle complexe et stratifiée. Transdev assure la supervision globale et l'ingénierie de réseau sur les six réseaux TC, mais n'opère pas directement les bus et n'emploie pas les conducteurs. L'exploitation concrète est déléguée à une multitude de transporteurs locaux indépendants sous des statuts juridiques variés (SEM, SPL, GIE). Cette fragmentation impose à tout nouvel acteur de naviguer dans un paysage saturé d'interlocuteurs aux intérêts parfois divergents.
| Niveau | Acteur | Rôle |
|---|---|---|
| Supervision stratégique | Transdev | Supervision globale et ingénierie de réseau sur les 6 réseaux TC. N'opère pas directement les bus et n'emploie pas les conducteurs — il délègue à des structures locales. |
| Exploitation opérationnelle | SEM, SPL, GIE | Transporteurs locaux indépendants : Citalis (SEM, CINOR), Alternéo (SPL, CIVIS/CASUD), Kar'Ouest (GIE avec Transdev, TCO). Chacun a ses propres salariés et matériel roulant. |
| Coordination | Île de la Réunion Mobilités (IRM) | Syndicat mixte SRU coordonnant les réseaux et la billettique (Réuni'PASS). Ne dispose pas de la compétence pour prélever le Versement Mobilité. Budget de coordination limité. |
| Autorités organisatrices | 5 EPCI (AOM) | CINOR, TCO, CIREST, CASUD, CIVIS — seules entités habilitées à percevoir le VM. Chaque EPCI finance et organise son propre réseau TC. |
| Chef de file | Région Réunion | Pilote la politique de mobilité régionale, opère le Car Jaune, budget transport de 38 M€, mais ne peut pas prélever le VM à l'échelon régional — anomalie structurelle majeure. |
L'île est maillée par six réseaux de bus coordonnés par le syndicat mixte Ile de La Réunion Mobilités. La carte Réuni'PASS, titre unique pour tous les réseaux, facilite l'intermodalité. La fréquentation est en hausse (47,3 millions de voyages en 2023), et les États Généraux des Mobilités de 2023 ont posé les bases d'une ambition structurante.
| Réseau | AOM | Zone de desserte et opérateur |
|---|---|---|
| Car Jaune | Région Réunion | Desserte interurbaine — 24 lignes, ~4 M voyages/an, opéré par Transdev. Tarif intégré au Réuni'PASS (60 €/mois). |
| Citalis | CINOR | Nord (Saint-Denis, Sainte-Marie) — SEM détenue par la CINOR. |
| Kar'Ouest | TCO | Ouest (Le Port, Saint-Paul, Saint-Leu) — GIE avec Transdev. |
| Estival | CIREST | Est (Saint-Benoît, Sainte-Rose) |
| Alternéo | CIVIS / CASUD | Sud-Ouest et Sud — SPL (Société Publique Locale). |
| Carsud | CASUD | Sud (Le Tampon, Saint-Joseph) |
Acteurs institutionnels, documents de planification, Réunion Express — une vision à 30 ans
Avertissement : Ces documents sont non immuables et évoluent régulièrement. Il est impératif de vérifier les dates de publication et d'utiliser les versions les plus récentes (moins de 5 ans). Les feuilles de route mobilité de La Réunion sont mises à jour au fil des mandats politiques.
Référence juridique principale
Document le plus « gravé dans le marbre ». Chaque EPCI doit en adopter un (obligation LOM 2019). CINOR et TCO ont les plus avancés. Définit les orientations légales de mobilité à long terme.
Tous mentionnent le covoiturage comme levier complémentaire aux TC.
Objectifs de part modale covoiturage souvent vagues ou absents, contrairement à la Feuille de route 2024 qui fixe 10-20%.
Politique, conjoncturelle
Document le plus récent, piloté par la Région. Fixe l'objectif ambitieux de 10-20% de part modale covoiturage. Intègre le Réunion Express comme colonne vertébrale.
Alignée avec les objectifs climat des PCAET et la vision long terme des SCoT.
Plus ambitieuse que les Plans de Mobilité des EPCI sur le covoiturage. Peut évoluer rapidement au gré des alternances politiques.
Urbanisme et aménagement
Document d'urbanisme de rang supérieur. Dicte les grandes ambitions de structuration spatiale. Volet mobilité intégré mais souvent secondaire par rapport à l'habitat et l'économie.
Convergent sur la densification autour des axes TC et la limitation de l'étalement urbain.
Traitent l'urbanisme mais pas toujours en cohérence fine avec les plans de mobilité. Le volet covoiturage y est marginal.
Environnement et climat
Objectifs de réduction des émissions de GES, dont le transport (51% des émissions à La Réunion). Chaque EPCI en a un.
Tous ciblent la réduction des émissions transport. Le covoiturage y figure comme levier.
Objectifs CO2 parfois plus ambitieux que les Plans de Mobilité, mais souvent déconnectés des réalisations concrètes. La CINOR inscrit le covoiturage depuis 10 ans sans traduction opérationnelle.
Consultation publique
Grande consultation ayant alimenté la Feuille de route. A permis de recueillir les attentes citoyennes et de fédérer les acteurs institutionnels.
A confirmé la demande sociale pour des alternatives à l'autosolisme.
Certaines recommandations (voies réservées, VM régional) n'ont pas encore été traduites en actes.
Intersectorielle, macro-économique
Source d'informations contextuelles globales (économie, logement, environnement). Croisements stratégiques pour aligner le covoiturage sur le développement global de l'île.
Soutient le développement des infrastructures de transport et la transition écologique.
Vision macro qui ne descend pas au niveau opérationnel du covoiturage.
Le Plan de Mobilité prévaut juridiquement, mais la Feuille de Route 2024-2030 est le document le plus pertinent pour notre étude car c'est le plus récent et le plus ambitieux sur le covoiturage. L'enjeu est de faire converger les documents EPCI (Plans de Mobilité, PCAET) vers le niveau d'ambition régional. La CINOR illustre le risque d'inertie : le covoiturage y figure depuis une décennie sans traduction opérationnelle.
Ni le Conseil Régional ni Île de la Réunion Mobilités ne disposent de la compétence juridique pour prélever le Versement Mobilité à l'échelon régional. Budget régional transport : 38 M€ — jugé unanimement insuffisant et structurellement inadéquat.
VM total (5 EPCI)
~110 M€/an au total pour les 5 EPCI
Masse salariale imposable
~5,5 Md€ de masse salariale imposable estimée
Salaire moyen
~2 100 € net/mois (~2 600 € brut)
Question stratégique centrale
"Le VM doit-il être considéré comme une constante (état de fait immuable) ou comme une variable (levier législatif activable par lobbying) ?"
Conclusion : Si le covoiturage massif (10-20% de part modale) démontre des bénéfices socio-économiques incontestables via la simulation, cette preuve scientifique pourrait justifier politiquement l'activation du VM régional. Le VM devient ainsi la récompense fiscale conditionnelle d'un succès technologique.
Le VM est-il une « pompe à fric » ?
Le VM réunionnais reste une ressource strictement locale : chaque EPCI l'utilise pour financer son propre réseau TC. La Région et IRM n'en voient pas un centime. Il ne s'agit donc pas d'une « pompe à fric » au sens d'un transfert vers un échelon supérieur — c'est un financement local qui reste local. Cependant, l'absence de VM régional prive la Région d'un levier essentiel pour financer des services interurbains comme le covoiturage.
| Intercommunalité | Taux de VM | Détails |
|---|---|---|
| CINOR | 2,00% | Taux maximum outre-mer. Finance Citalis (SEM). Covoiturage inscrit dans les plans depuis 10 ans sans traduction opérationnelle. |
| TCO | 1,80% | Finance Kar'Ouest (GIE avec Transdev). Plan de mobilité parmi les plus avancés. |
| CIVIS | 1,75% | Finance Alternéo (SPL). Zone sud-ouest, bassin d'emploi de Saint-Pierre. |
| CIREST | 1,05% | Finance Estival. Zone est, territoire plus rural, taux VM plus faible. |
| CASUD | 0,55% | Taux le plus faible. Zone sud (Le Tampon, Saint-Joseph), territoire montagneux. |
Île-de-France Mobilités
~12 Md€ (2024)
12,3 millions d'habitants
~975 €/hab/an
Île de la Réunion Mobilités / Région
38 M€ (2024)
889 679 habitants
~42 €/hab/an
IDFM perçoit directement le VM d'Île-de-France (taux max 2,95% à Paris) → ~5 Md€/an. À La Réunion, le VM (~110 M€) va aux 5 EPCI, pas à la Région ni à IRM.
IDFM encaisse les recettes du pass Navigo (~4 Md€/an). IRM n'a pas de billettique propre générant des recettes significatives.
IDFM reçoit des dotations massives (Grand Paris Express, contrats de plan). La Réunion reçoit du FEDER et du Fonds Vert, mais à une échelle incomparable.
IDFM gère métro, RER, bus, tram (~1 500 lignes). IRM coordonne uniquement les réseaux bus et le Car Jaune interurbain.
150 ans d'investissement cumulé en IDF vs infrastructure de transport relativement récente à La Réunion.
Le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais présente des similitudes structurelles avec La Réunion : territoire multipolaire, courtes distances entre pôles (15-25 km), forte dépendance automobile.
| Territoire | Taux de VM |
|---|---|
| CA Lens-Liévin | 2,00% |
| CA Hénin-Carvin | 1,75% |
| CA Béthune-Bruay | 1,80% |
| Moyenne bassin minier | ~1,85% |
Similitudes
Territoire multipolaire avec plusieurs villes moyennes, courtes distances entre pôles (15-25 km), forte dépendance automobile, taux VM comparables à La Réunion.
Différences
Le bassin minier bénéficie du TER et de la proximité de Lille (métropole avec réseau dense Artis/Tadao). La Réunion est insulaire, sans connexion ferroviaire actuelle. Le bassin minier a un réseau TC plus dense grâce à l'intégration dans le réseau régional Hauts-de-France.
La Région Réunion (chef de file), les 5 EPCI (AOM locales : CINOR, TCO, CIREST, CASUD, CIVIS) et le syndicat mixte Ile de La Réunion Mobilités coordonnent la politique de mobilité. Le covoiturage doit s'articuler avec chacun de ces acteurs.
Les RN1 et RN2 concentrent l'essentiel des flux pendulaires entre les pôles d'emploi de Saint-Denis (26 600 voitures entrantes/jour) et Saint-Pierre (24 900/jour). C'est sur cet axe que le potentiel de covoiturage est maximal.
Aires de rabattement, intégration dans les calculateurs d'itinéraires, complémentarité avec les TC pour les premiers/derniers kilomètres. Le pôle d'échanges de Duparc est un modèle à répliquer.
La Loi LOM (2019) impose les PME aux entreprises de 50+ salariés et prévoit le Forfait Mobilités Durables (jusqu'à 900 €/an). Le futur Plan Régional des Mobilités intégrera le covoiturage comme composante structurante.
Cas emblématique : La CINOR (Communauté Intercommunale du Nord de La Réunion) est citée comme l'exemple paradigmatique de l'inertie institutionnelle : le covoiturage figure dans ses documents de planification depuis une décennie complète, sans qu'aucune traduction opérationnelle tangible n'ait été réalisée sur le terrain.
Données historiques (INSEE) et projections à l'horizon 2050
+15% d'habitants d'ici 2050 : la pression sur le corridor côtier va s'intensifier
Ligne côtière ~140 km, Saint-Benoît à Saint-Joseph. Estimé à 3 Md€, horizon 2035. Colonne vertébrale de la mobilité interurbaine. Le covoiturage doit devenir le complément naturel du train pour le rabattement vers les gares et la desserte fine du territoire.
Projet phare de la Feuille de Route 2024. Potentiel de transformation radicale de la mobilité interurbaine. Les gares deviendraient des pôles d'échange multimodaux intégrant covoiturage, VAE et TC urbains.
Projet porté par la CINOR reliant le centre-ville au quartier du Moufia et au campus universitaire. Capacité estimée ~3 000 passagers/heure.
Études en cours, mise en service envisagée horizon 2028-2030. Complémentarité avec le covoiturage : desserte des hauteurs de Saint-Denis inaccessibles en TC classique. Le relief escarpé de la capitale rend le transport par câble particulièrement pertinent.
Traiter l'engorgement chronique du chef-lieu. Susceptible de modifier les flux et les axes de covoiturage pertinents.
Projet de contournement routier pour désengorger le centre-ville de Saint-Denis, principal point de congestion de l'île.
Plusieurs dispositifs : Altervélo (location longue durée subventionnée par certains EPCI), Vélo Péi (aide régionale à l'achat jusqu'à 500 €), services de libre-service en développement.
Le relief rend le VAE pertinent mais limite son usage aux zones côtières relativement plates. Le VAE peut servir de solution de dernier kilomètre après un trajet covoituré. L'interfaçage physique et numérique entre covoiturage et flottes VAE est un enjeu d'intermodalité.
Faire passer la part modale du covoiturage de 1,5-1,8% à 10-20% sur les trajets interurbains
Maintien des WAPC via tarification asymétrique (0,50 € passager / 1,75 € conducteur). Déploiement du FMD auprès des employeurs (jusqu'à 900 €/an/salarié). Recherche de financements pérennes post-Fonds Vert.
Création d'aires de covoiturage sur les grands axes (RN1, RN2, RN3). Voies réservées aux heures de pointe pour les véhicules à 2+ occupants. Signalétique routière dédiée.
Connexion Karos ↔ Car Jaune ↔ réseaux urbains (Citalis, Alternéo, Kar'Ouest). Les arrêts Car Jaune comme points de rabattement covoiturage. Intégration billettique via le Réuni'PASS.
Ciblage des DRH des grandes entreprises du corridor côtier. Plans de mobilité employeur intégrant le covoiturage et le FMD. Interventions directes sur sites.
Le futur train côtier comme catalyseur d'intermodalité. Le covoiturage assure le rabattement vers les gares et la desserte fine. Les gares deviennent des pôles d'échange multimodaux.
Lobbying pour l'activation du VM régional, justifié par les résultats de la modélisation MATSim. Permettrait à la Région de financer directement le covoiturage interurbain.
| Horizon | Part modale | Covoitureurs/jour | Condition clé |
|---|---|---|---|
| 2024 (actuel) | 1,5-1,8% | ~5 000/jour | Situation de référence |
| 2026 | 5% | ~13 000/jour | Doublement des inscrits actifs + déploiement FMD employeurs |
| 2028 | 10% | ~27 000/jour | Infrastructure dédiée (aires, voies réservées) + intermodalité TC |
| 2030-2035 | 15-20% | ~40-53 000/jour | Synergie Réunion Express + VM régional activé |
"Si seulement 10% des Réunionnais pratiquaient le covoiturage, ces axes majeurs redeviendraient fluides."
— Responsable de Karos à La Réunion [14]
De la tarification asymétrique aux WAPC : l'ingénierie financière d'un service public délégué
Le marché du covoiturage courte distance a subi une profonde mutation structurelle. L'expérience a formellement démontré la supériorité opérationnelle du modèle point à point sur les lignes fixes.
2013-2014
Bulle d'investissement, nombreux acteurs pionniers (Roulez Rose, etc.).
Post-2014
Impossibilité de monétiser sans subventions publiques. Fermetures massives, rachats, consolidation.
Aujourd'hui
Trois acteurs majeurs : Karos (point à point, B2B), Blablacar Daily (ex-Klaxit), Ecov (lignes physiques).
Cas d'étude — Sud Sainte-Baume : Investissement lourd dans des lignes fixes de covoiturage (arrêts physiques, mobilier urbain, horaires). Volume de passagers dramatiquement insuffisant au regard des coûts. Abandon de l'infrastructure physique. Pivot contraint mais salutaire vers un modèle technologique de point à point, jugé plus flexible, résilient et efficace.
Karos ne se limite pas à une plateforme B2C. L'entreprise s'affirme comme un opérateur délégué de service public de covoiturage, agissant sur mandat des collectivités territoriales et des AOM. De fortes incertitudes pèsent cependant sur le maintien du Fonds vert à La Réunion, ce qui menace la pérennité du modèle.
Application mobile de matching prédictif, socle technologique mutualisé sur 100+ collectivités européennes. Paramétrable en marque blanche/grise avec charte graphique AOM locale, tarification locale programmée, et règles de non-concurrence spatiale avec les TC existants.
Équipe de 6 personnes dédiées au démarchage B2B des DRH des grandes entreprises locales. Kits de communication marketing, webinaires de formation, interventions directes sur sites employeurs pour lever les freins psychologiques à l'inscription.
L'algorithme de Karos intègre des règles strictes de non-concurrence basées sur le calcul d'itinéraires comparés. Si le système détecte qu'une demande de trajet peut être réalisée efficacement via le réseau de bus/tramway existant, la subvention AOM est automatiquement désactivée. Le coût du trajet redevient son coût économique réel, orientant de facto l'usager vers les TC existants.

Leader — 118 000 inscrits, 552 000 trajets en 2024. Opérateur délégué de service public de covoiturage, modèle B2B. Contrat Région ~1,4 M€/an.
Acteur national majeur, force de frappe de la marque mère.
Créneau spécifique de l'infrastructure physique et du mobilier urbain.
25 000 utilisateurs, 70 000+ demandes cumulées à octobre 2024.
Arrêté en 2025 pour non-rentabilité. Modèle B2C pur sans subvention publique, écrasé par la concurrence de Karos (gratuit pour l'usager). Enseignement : sans financement public, le covoiturage courte distance n'est pas viable économiquement.
N'existe plus (page Facebook inactive depuis 2022). Masse critique jamais atteinte, aucun financement public. Approche associative insuffisante face aux plateformes technologiques.
La structure tarifaire en vigueur depuis janvier 2026 illustre l'équilibre microéconomique recherché entre les trois parties prenantes. Le covoiturage n'est plus un mécanisme informel d'entraide, mais une composante institutionnelle du bouquet de transport public.
| Acteur | Montant / trajet | Rôle | Justification |
|---|---|---|---|
| Conducteur (Offreur) | Gain net de ~1,75 € (trajet moyen 21 km) | Fournit l'offre matérielle de mobilité | Couvre les frais marginaux directs (essence, détour). Agit surtout comme gratification psychologique de récompense de l'effort, indispensable pour la rétention de l'offre. |
| Passager (Demandeur) | Ticket fixe de 0,50 € | Génère la demande de mobilité | Prix de rupture psychologique, aligné sur le coût d'un ticket TC social/solidaire. Supprime toute barrière financière à l'entrée. |
| AOM (Régulateur/Financeur) | Subvention d'équilibre de ~1,25 € par trajet | Finance la différence conducteur/passager | ~15 cts/passager.km. Considéré comme extraordinairement efficient : crée une offre de transport public sans investissement lourd en matériel roulant ou génie civil. |
Le covoiturage se positionne entre la voiture solo et les transports en commun
Le covoiturage offre un compromis entre flexibilité (comme la voiture) et économie (comme les TC)
Économie annuelle estimée par navetteur covoitureur (30 km/jour)
Taux d'usage Karos à La Réunion par rapport à la moyenne nationale
Coût par passager.km pour l'AOM — extraordinairement efficient
| Mode de transport | Coût mensuel | Commentaire |
|---|---|---|
| Voiture individuelle | > 300 €/mois | Carburant + assurance + entretien |
| Abonnement covoiturage | 90 €/mois | Hypothèse étudiée |
| Réuni'PASS (tous TC) | 60 €/mois | Tous les réseaux de bus |
| Car Jaune (interurbain) | 38 €/mois | Réseau régional |
| Car Jaune (-26 ans) | 15 €/mois | Tarif réduit jeunes |
Pour un trajet de 30 min de roulage, le passager doit intégrer 20 à 30 min d'attente supplémentaire. Le temps total de déplacement peut ainsi doubler.
Frein psychologique majeur pour les actifs pressés. La valeur perçue du temps d'attente est 2 à 3 fois supérieure à celle du temps en véhicule.
Le covoitureur renonce à la liberté de partir quand il veut, de faire des détours (école, courses) et de gérer son emploi du temps.
Particulièrement dissuasif pour les parents avec enfants et les travailleurs aux horaires variables.
En cas de défection du conducteur, Karos déclenche automatiquement un taxi/VTC pris en charge intégralement par la plateforme.
Mécanisme assurantiel fort qui neutralise l'asymétrie de risque pesant sur le passager.
Réticence à partager un espace confiné avec un inconnu. Craintes liées à la sécurité, au confort et à l'hygiène.
Frein culturel profond, particulièrement marqué chez les femmes. Les systèmes de notation et de vérification d'identité atténuent partiellement ce frein.
La voiture individuelle est perçue comme un espace de liberté et d'intimité. L'autosolisme est un réflexe culturel profondément enraciné à La Réunion.
Le changement de comportement nécessite une combinaison d'incitations financières fortes et de contraintes (congestion, coût du stationnement).
Peu d'aires de covoiturage aménagées, absence de voies réservées, signalétique insuffisante.
Réduit la visibilité et la praticité du service. Les points de rendez-vous flexibles via l'application compensent partiellement.
La métrique de vanité (nombre total d'inscrits) a été abandonnée au profit d'un indicateur qualitatif : les Weekly Active Power Carpoolers (WAPC) — Weekly Active Power Carpoolers — utilisateurs très réguliers covoiturant plusieurs fois par semaine.
Poids des WAPC
~80%
du volume total des trajets certifiés
Objectif Karos
x3
Tripler le volume net de WAPC en 2 ans
Stratégie : Réorientation du B2C vers le B2B : démarchage institutionnel des grands bassins d'employeurs, zones industrielles et zones d'activités tertiaires.
Taux d'usage La Réunion : Taux d'usage 6 fois supérieur à la moyenne nationale
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Chiffre d'affaires Karos SAS (2023, national) | 4,4 M€ |
| Contrat Région Réunion (2024) | 1,4 M€ |
| Indemnité conducteur | ~1,75 €/trajet (trajet moyen 21 km) |
| Tarif passager subventionné | 0,50 €/trajet (≤ 25 km) |
| Subvention AOM par trajet | ~1,25 €/trajet |
| Coût par passager.km pour l'AOM | ~0,15 €/passager.km |
| Cofinancement Fonds vert | 50% des coûts (incertitudes fortes post-2025) |
| Budget transport Région (2024) | 38 M€ (fonctionnement) |
| VM total perçu par les 5 EPCI | ~110 M€/an |
| Socle technologique mutualisé | 100+ collectivités clientes en Europe |
| Équipe dédiée France (B2B) | 6 personnes |
Cofinancement État
50% des coûts du service covoiturage
Crédits exceptionnels de l'État central via le Fonds vert
Risque identifié
"« Énormément d'incertitudes sur l'avenir du fonds vert » — risque existentiel pour la pérennité financière à moyen et long terme."
Budget national Fonds vert : 2 Md€ en 2023, réduit à 1,5 Md€ en 2024 — tendance baissière dans un contexte de restrictions budgétaires nationales
Impact d'une suppression : En cas de suppression du Fonds vert, Karos perdrait une source de financement significative. Les EPCI devraient compenser sur le VM (déjà sous pression). Risque de réduction du service ou des subventions aux usagers.
Karos opérateur de service public : Karos est opérateur délégué de service public de covoiturage, sous contrat avec la Région Réunion (~1,4 M€/an). Modèle B2B : Karos facture les collectivités, pas les usagers. La pérennité dépend du renouvellement des contrats publics et du maintien des cofinancements État.
Mécanisme
Les fournisseurs d'énergie (EDF, Engie, TotalEnergies) sont obligés par l'État de réaliser des économies d'énergie. Ils financent des actions via les Certificats d'Économies d'Énergie (CEE), dont le covoiturage (fiche CEE TRA-SE-115). Chaque trajet covoituré génère des CEE valorisables sur un marché dédié.
Historique (2020-2023)
2020-2023 : prime de 100 € pour les primo-conducteurs covoiturage, financée par les CEE. Cette prime a provoqué un effet d'aubaine massif : inscriptions sans usage réel, gonflant artificiellement les chiffres (118 000 inscrits vs ~5 000 actifs quotidiens).
Situation 2025
Fin de la prime 100 € début 2025. Le dispositif CEE est recentré. Les CEE financent encore partiellement les plateformes mais les montants sont réduits.
Impact à La Réunion
Les CEE ont contribué au financement initial de Karos à La Réunion. La fin des CEE « faciles » oblige à trouver des financements pérennes (VM, Fonds Vert, FEDER). Le passage du B2C (prime individuelle) au B2B (contrats employeurs) est en partie une conséquence de la fin des CEE.
Montant
900 €/an
Jusqu'à 900 €/an et par salarié, exonéré d'impôts et de charges sociales
Cumul
Cumulable avec le remboursement transport en commun (plafond total exonéré porté à 900 € en 2025)
Modes éligibles : Covoiturage (conducteur ou passager), vélo et VAE (personnel ou en location), engins de déplacement personnels (trottinettes, monoroues), transports en commun (hors abonnement)
Mise en place : Par accord d'entreprise ou décision unilatérale de l'employeur, après consultation du CSE s'il existe
Adoption à La Réunion : Pas de données publiques consolidées sur le taux d'adoption par les employeurs réunionnais. Intérêt croissant via les plans de mobilité employeur. Des entreprises comme Cirkul intègrent systématiquement le FMD dans leurs accompagnements.
Un jumeau numérique de l'île pour objectiver les bénéfices du covoiturage auprès des élus
Question centrale de la modélisation
"À quel niveau de développement du covoiturage observe-t-on une réduction significative de la congestion sur le réseau réunionnais ?"
Le pôle Modélisation utilise MATSim (Multi-Agent Transport Simulation), outil open-source de renommée mondiale, couplé au wrapper EQUASim. Contrairement aux modèles macroscopiques statiques, cette approche multi-agents simule les décisions individuelles de chaque agent (habitant virtuel) de manière autonome, pour en observer les interactions et conséquences émergentes sur la congestion.
Représenter le territoire, le réseau routier et les acteurs de la mobilité à La Réunion.
Formaliser les comportements de déplacement : chaînes d'activités, choix modal, fonctions d'utilité.
Tester des scénarios de covoiturage et mesurer leur impact sur les flux et la congestion.
~275 000 actifs résidents dont 75% en voiture
Axes côtiers saturés aux heures de pointe critiques
1,5% part modale du covoiturage actuel
~1 million de trajets Karos réalisés 2021-2024
Individus
Agents avec profil socio-démographique
Activités
Domicile, travail, études, services…
Déplacements
Chaînes d'activités génératrices de flux
Infrastructures
Réseau routier, lignes TC, géographie
Modes de transport
Voiture, TC, marche, covoiturage…
Conditions d'usage
Capacité, congestion, fréquences
Ingestion massive de données hétérogènes : graphes des réseaux routiers (capacités, vitesses, topographie), cartographie TC, données démographiques INSEE spatialisées, données macroéconomiques de répartition de l'emploi.
Création de centaines de milliers d'agents virtuels statistiquement représentatifs. Chaque agent reçoit : lieu de résidence (Commune/IRIS), lieu de travail/étude (SIRENE/MOBPRO/MOBSCO), statut professionnel, motorisation, revenus & CSP, activités secondaires.
Journée type d'un agent : Domicile (06h30) → Travail (08h00) → Services (12h30) → Travail (14h00) → Domicile (18h00). Chaque déplacement est motivé par une activité.
U(mode) = α·Temps + β·Coût + γ·Confort + δ·Accessibilité + ε·Temps d'attente. Le mode choisi est celui qui maximise la fonction d'utilité → modèle de choix discret.
Chaque individu prend ses propres décisions de déplacement (agents autonomes). Les agents adaptent leur plan selon l'état du réseau (boucle MATSim itérative). Les flux individuels produisent la congestion à l'échelle du réseau.
S0 : situation actuelle sans modification. S1 : part modale actuelle Karos (~1M trajets). S2 : développement modéré via incitations. S3 : déploiement massif avec voies réservées, intégration TC, aménagements dédiés.
Résultats mesurés pour chaque scénario : véhicules évités, variation flux/capacité, gains de temps, émissions CO2 évitées.
Le choix modal de chaque agent est déterminé par une fonction d'utilité discrète :
Le mode choisi est celui qui maximise la fonction d'utilité pour chaque agent, à chaque déplacement.
Pour que la modélisation de la fonction d'utilité soit valide, les hypothèses théoriques doivent être corroborées par les métriques réelles de terrain.
Identifier la morphologie des crêtes (heures de pointe) et des creux de la demande de mobilité.
Ratio de WAPC par rapport aux utilisateurs épisodiques/opportunistes, par segment socio-démographique.
Acceptation d'un décalage de ±10 minutes par rapport à l'heure de départ souhaitée.
Propension psychologique et financière à accepter des détours kilométriques pour capter un passager.
Situation actuelle
1,5-1,8%
Marginal
Scénario prudent
5%
Fluidification notable
Scénario modéré
10%
Fluidification significative
Scénario ambitieux
20%
Décongestion quasi complète
Mars
Avril
Mai
Juin
1 448 tonnes de CO2 évitées en 2024 — et ce n'est que le début

Jusqu'à ~2 000 €/an d'économies par ménage. Coût AOM de seulement ~0,15 €/passager.km — extraordinairement efficient comparé aux investissements lourds en matériel roulant ou génie civil.
Accès à la mobilité pour les 25,9% de ménages sans voiture. Renforcement du lien social. Le ticket à 0,50 € supprime toute barrière financière à l'entrée.
1 448 tonnes de CO2 évitées en 2024 via Karos. 11 millions de km en voiture solo économisés. Les transports représentent 51% des émissions de GES de l'île.
Véhicules retirés et tonnes de CO2 évitées par jour selon le taux de pénétration
2%
part modale
10%
part modale
20%
part modale
| Scénario | Part modale | Effet sur la congestion | Véhicules retirés |
|---|---|---|---|
| Situation actuelle | 1,5-1,8% | Marginal | ~ 5 000/jour |
| Scénario prudent | 5% | Fluidification notable | ~ 13 000/jour |
| Scénario modéré | 10% | Fluidification significative | ~ 25 000/jour |
| Scénario ambitieux | 20% | Décongestion quasi complète | ~ 50 000/jour |
Guadeloupe, Corse, Martinique, Mayotte : des trajectoires différentes, des leçons communes
Karos, Noula
Partenariat Région-Karos, 118 000 inscrits, taux d'usage 6x supérieur à la moyenne nationale
Karos, Dépozé
206 000 déplacements/jour
Collectivité de Corse
Schéma directeur, labellisation
Peu structurés
Frein : offre faible
Garico, Rezo Pouce
Initiatives locales agiles
21 termes clés pour naviguer dans l'écosystème du covoiturage réunionnais
Autorité Organisatrice des Mobilités
Entité publique habilitée à organiser et financer les services de transport sur son territoire. À La Réunion, les 5 EPCI détiennent ce statut.
Business to Business
Modèle d'approche commerciale privilégié par Karos : cibler les DRH des grandes entreprises pour toucher des cohortes de travailleurs.
Business to Consumer
Modèle d'approche grand public direct, historiquement utilisé pour les inscriptions massives, désormais délaissé car jugé inefficace pour recruter des utilisateurs quotidiens fiables.
Certificats d'Économies d'Énergie
Mécanisme de financement adossé à l'État, alimenté par les fournisseurs d'énergie (EDF, Engie, TotalEnergies). Fiche TRA-SE-115 pour le covoiturage. A financé la prime de 100 € (2020-2023), effets d'aubaine désormais révolus. Prime supprimée début 2025.
Communauté Intercommunale du Nord de La Réunion
EPCI réunionnais, taux VM 2,00% (max outre-mer). Exemple paradigmatique de l'inertie institutionnelle : covoiturage inscrit dans ses plans depuis 10 ans sans traduction opérationnelle.
École Nationale des Ponts et Chaussées
Grande école d'ingénieurs porteuse du projet Fil Rouge, pilotant la réflexion méthodologique et la modélisation mathématique.
Établissement Public de Coopération Intercommunale
Regroupement de communes. Seuls 5 EPCI réunionnais peuvent lever le Versement Mobilité, à l'exclusion de la Région.
Forfait Mobilités Durables
Dispositif permettant aux employeurs de prendre en charge jusqu'à 900 €/an/salarié pour les déplacements en covoiturage, vélo/VAE ou mobilités douces. Exonéré d'impôts et de charges.
Groupement d'Intérêt Économique
Statut juridique de certains transporteurs locaux à qui Transdev délègue l'exploitation concrète des lignes (ex : Kar'Ouest au TCO).
Île de la Réunion Mobilités
Syndicat mixte SRU de coordination des réseaux TC. Gère le Réuni'PASS. Ne perçoit pas le VM et ne dispose pas de la compétence AOM.
Plan Climat-Air-Énergie Territorial
Document de planification environnementale par EPCI. 5 PCAET à La Réunion. Objectifs climat avec volet transport, souvent déconnecté des réalisations immédiates.
Plan de Déplacements Urbains
Ancienne nomenclature du Plan de Mobilité Durable. Considéré comme le document le plus « gravé dans le marbre ».
Schéma de Cohérence Territoriale
Document d'urbanisme de rang supérieur. 3 SCoT à La Réunion (Nord, Sud, Est). Volet mobilité intégré mais souvent secondaire.
Société d'Économie Mixte
Structure hybride mêlant capitaux publics et privés. Ex : Citalis (CINOR).
Société Publique Locale
Structure d'exploitation à 100% de capitaux publics. Ex : Alternéo (CIVIS/CASUD).
Transports en Commun
Réseau historique de l'île (bus). Le covoiturage est programmé algorithmiquement pour opérer en stricte non-concurrence spatiale avec ces infrastructures.
Vélo à Assistance Électrique
Solution de mobilité douce complémentaire au covoiturage. Dispositifs : Altervélo (location longue durée), Vélo Péi (aide à l'achat jusqu'à 500 €), libre-service en développement. Pertinent sur les zones côtières plates, solution de dernier km.
Véhicule Électrique
Nécessaire à la décarbonation mais insuffisant pour résoudre la congestion routière (empreinte spatiale inchangée).
Versement Mobilité
Taxe sur la masse salariale des entreprises de 11+ salariés. ~110 M€/an à La Réunion, perçu uniquement par les 5 EPCI. L'incapacité de la Région à le prélever constitue l'entrave majeure au développement du covoiturage interurbain.
Véhicule de Tourisme avec Chauffeur
Mobilisé et financé par Karos dans le cadre de la « garantie retour » en cas de défaillance du conducteur solidaire.
Weekly Active Power Carpoolers
Métrique stratégique vitale : utilisateurs hyper-intensifs covoiturant plusieurs fois/semaine. Génèrent ~80% du volume des trajets. Objectif : tripler leur nombre en 2 ans.
27 questions classées par pôle, avec cadres de réponse à compléter après entretien
Quelles infrastructures physiques manquent le plus pour accélérer le développement du covoiturage ? (aires de covoiturage prioritaires, voies réservées, signalétique — avez-vous un plan d'investissement recommandé aux collectivités ?)
Réponse en attente — à compléter après entretien avec Karos
Comment évaluez-vous l'intégration actuelle de Karos avec les réseaux de transports en commun ? (part des trajets multimodaux, partenariats avec Car Jaune/Citalis/Kar'Ouest, intégration tarifaire envisagée avec le Réuni'PASS)
Réponse en attente — à compléter après entretien avec Karos
Quelle est votre stratégie de développement pour atteindre une masse critique sur les axes secondaires (hors corridor côtier Saint-Denis / Saint-Pierre), notamment dans les Hauts et l'Est de l'île ?
Réponse en attente — à compléter après entretien avec Karos
Disposez-vous de projections de croissance à 3 et 5 ans pour La Réunion ? (scénarios bas/moyen/haut, hypothèses de financement public, impact attendu sur la congestion et les émissions de CO2, articulation avec le projet Réunion Express)
Réponse en attente — à compléter après entretien avec Karos
Quelles bonnes pratiques issues d'autres territoires seraient directement transposables à La Réunion ? (et inversement, quelles spécificités réunionnaises nécessitent une approche sur mesure ?)
Réponse en attente — à compléter après entretien avec Karos
Que fait Karos pour encourager l'intermodalité ? Y a-t-il des trajets où les passagers sont déposés aux arrêts de bus ? Comment concevez-vous les situations d'intermodalité ?
Réponse en attente — à compléter après entretien avec Karos
Le diagnostic opérationnel est porteur de signaux extraordinairement positifs : un taux d'usage 6 fois supérieur à la moyenne nationale, 118 000 inscrits, 552 000 trajets en 2024. L'alignement de la proposition de valeur — incitation financière massive (ticket à 0,50 €) et sécurisation psychologique (garantie retour) — répond efficacement aux besoins d'un territoire contraint par sa géographie insulaire.
Cependant, l'atteinte de l'objectif transformateur (10-20% de part modale) met en évidence des fragilités structurelles : l'incertitude sur le Fonds vert, l'absence de VM régional, la disparition de plateformes concurrentes (RunDrive, Partazou) faute de viabilité économique, et la nécessité de tripler les WAPC via le démarchage B2B. La résolution de l'anomalie fiscale du VM apparaît comme l'unique pivot central garantissant la viabilité à long terme. La modélisation MATSim/EQUASim sera l'outil de conviction politique déterminant.
Faire du covoiturage le complément naturel du futur train côtier (horizon 2035), en assurant le rabattement vers les gares et la desserte fine du territoire.
Résoudre l'anomalie du VM régional pour sécuriser les 0,15 €/passager.km nécessaires au fonctionnement continu du réseau numérique.
Concentrer les efforts sur les grands bassins d'employeurs du corridor côtier. La viabilité se mesure à la fidélisation des utilisateurs intensifs, pas au nombre d'inscrits.
Utiliser le jumeau numérique MATSim/EQUASim pour démontrer mathématiquement les bénéfices systémiques et convaincre le législateur d'activer le VM régional.